Selon le document budgétaire soumis au Parlement par l'Agence nationale des ports (ANP), le trafic portuaire national devrait atteindre 106,3 millions de tonnes en 2026, en hausse de 3,9 % sur un an, puis 123,6 millions de tonnes en 2027 pour les installations qu'elle gère, soit environ +16 %.
Les huit premiers mois de 2026 sont toutefois en recul : 67,6 millions de tonnes au total (-2,8 %), dont 44,7 millions à l'import (-0,4 %), 20,6 millions à l'export (-5,4 %) et 2,2 millions en transbordement (-20,3 %). Le trafic passagers atteint 2,1 millions (+1,9 %) et les débarquements de pêche 0,72 million de tonnes (+6 %). Côté finances, le chiffre d'affaires 2026 est attendu à 2 947 millions de dirhams (-2 %, les redevances de concession et de licence reculant de 20 %), pour des charges d'exploitation de 2 359 millions (+6 %) et un résultat net en baisse de 29 %, à 287 millions de dirhams.
Le programme 2027 est dominé par Casablanca : confortement de la deuxième partie de la digue principale pour 300 millions de dirhams (sur un coût estimé à 750 millions), dragage des chenaux et bassins pour 200 millions, renforcement des quais et réfection des voiries de Jorf Lasfar pour 50 millions chacun, réaménagement des accès du port pour 40 millions, sécurisation électrique pour 32 millions. L'ANP présente aussi un plan 2027-2029 en cinq axes : transformation en société anonyme (loi 34.25), efficacité opérationnelle avec un schéma national des ports secs, électrification et solaire, portail numérique et certification ISO 27001, enfin une offre tournée vers le client sous la marque « ports du Maroc ».
Pour les chargeurs, le signal est double : volumes en repli et finances sous tension, ce qui plaide pour des hausses de redevances en 2027 ; et un chantier majeur à Casablanca qui pèsera sur les parcs et les accès. Mieux vaut prévoir des marges sur les réservations et les enlèvements.
